février 26, 2024

Amour et changement de paradigme

Changement de paradigme:
On se connaissait à peine. On allait ensemble sur la plage pour regarder le coucher de soleil.
c’était l’été.
Il y avait Annie, Estelle, Pedro, Mani,
Et bien d’autres encore. L’ambiance était festive.
Claude jouait de la guitare.
Pierre rassemblait du bois.
Les deux Sylvie n’arrêtaient pas de rire.
Jack avait du whisky
Simone du soda et des verres en papier.
Günther préparait le feu.
Yasmina, les brochettes de chamallow.
Et ainsi…
La soirée commençait sous la voûte étoilée.
Alors que Cupidon décochait ses flèches célestes,
Un couple disparaissait dans les buissons,
Et de plus belle, nous chantions du Bob Dylan dans les vapeurs de la fumée qui fait rire.
La nuit passait doucement.
En ce juillet 1980
Librement.
Sans accidents.
Tranquillement.
Schmulbement bien.
C’était vraiment un bon moment.
Puis, au petit matin,
Après avoir fait disparaître le feu,
chacun reprenait son chemin.
seuls ou ensembles…

Quelques instants après,
La plage nous avait oublié.
En juillet 2020, Steve et Lætitia sont tombés amoureux non loin de cette plage.
Ils se sont rencontrés au camping.
Steve était saisonnier dans un restaurant.
Lætitia, étudiante, en vacances avec ses parents.
Ces deux là se lançaient des regards depuis quelques jours.
Ils se calculaient comme on dit aujourd’hui.
Mais comme un signe du destin,
C’est hélas, juste à côté des toilettes qu’ils se sont parlé pour la première fois.
Et c’est seulement après quelques jours de tergiversations,
qu’ils se donnèrent enfin rendez-vous le soir à la plage pour voir le coucher de soleil.
Timidement, ils se prirent la main.
Ils s’aimaient déjà si fort.
Elle frissonna.
il l’a prit dans ses bras.
Ô mon amour!
Tu veux bien que je t’appelle « Mon amour »?
Mais comme elle tremblait d’émotion, il défit sa veste de survêtement pour la mettre sur ses épaules en pensant qu’elle avait froid.
C’est un p’tit gars comme on en fait plus, ce Steve!
Ils marchèrent doucement sur la plage en se racontant des trucs d’amoureux.
Peu à peu, la nuit se répandait et des milliers d’étoiles brillaient dans leurs yeux comme dans le ciel d’été.
Ils finirent enfin par s’asseoir à un endroit ou d’autres, des années plus tôt, avaient fait la fête.
Steve avait d’ailleurs, emmené une boite de bière belge un peu tiède, qu’ils burent ensemble tel un vin de célébration.
Leurs cœurs battaient à trois milles à l’heure.
Ils étaient si bien ensemble.
Ils allaient si bien ensemble.
Ils s’embrassèrent.
Longuement.
Langoureusement.
Passionnément.
C’était un moment de bonheur comme l’on en vie si peu.
Un instant si rare et précieux.
Que l’on oubli plus jamais.

Ils ne virent pas tout de suite les faisceaux de lumière sur leur visage.
Dites-donc-vous là!!!
Police!!!!!!!!!!
Qu’est ce que vous faites sur la plage à cette heure-ci? …
Vous ne savez pas que c’est interdit!?
Et en plus vous avez de la bière! Ça aussi c’est interdit!!
Vos papiers! Schnell !!!!
Lætitia n’a pas ses papiers. Elle est juste sortie à la plage pour la soirée dit-elle!
« Ah oui!! A la plage avec un garçon qu’elle connaît à peine! On voit le genre!! », Lui rétorque la policière!!!
Allô la brigade! Envoyez une fourgonnette! On a deux contrevenants.
Voyons voir ce que vous avez dans les poches.
Oh! Mais!! Qu’est ce donc que cette cigarette conique mademoiselle? Un joint?
« Non! C’est à moi, c’est ma veste! » Hurle Steve très remonté. « Il est à moi ce pétard. Merde vous faites chier!!! »
L’un des policiers répond: « Oui mais c’est elle qui porte cette veste! Donc elle est complice!!!
Détention de stupéfiant, alcool sur la plage, insulte à agent, refus d’obtempérer, etc. »
Elle passa douze heures au poste de police.
Lui, vingt quatre.
Ils ne se revirent plus jamais.

St Jean Lasseille le 16 mai 2020
J’ai écris cette « Nouvelle » pour exprimer mon dégoût de la société liberticide actuelle.

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